30 mai 2008
L'été arrive, le soleil aussi...
...tous à vos ombrelles, mais aussi à vos postes de radio. Aujourd'hui pour fêter le grand retour d'I never drink (ouais grand si je veux), je vous propose d'aborder le sujet de la V-musique.
Non
non ne partez pas, je ne vais pas commenter l'épisode musical de Buffy
ou la B.O de la reine des damnées, mais faire quelque chose d'un peu
plus intéressant. J'ai déniché pour vous des perles dans chaque genre
musical parlant du sujet qui nous intéresse, c'est parfois assez
inattendu.
Tout d'abord, mon tube du moment, tiré de leur meilleur album Speakerboxxx / The Love Below j'ai nommé "Dracula's Wedding" by Outkast. Plus ou moins humoristique sur le thème on retrouve dans cette chanson tous les codes du genre :
"
Don't run, I'm not the sun
So much at stake... oh!
Bad choice of words"
(Ne t'enfuies pas, je ne suis pas le soleil,
il y a tant en jeu ("stake" l'enjeu veut également signifier "pieux") oops ! mauvais choix de mot")
La charmante voix féminine est celle de Kellis qui clot cette courte chansonnette par "Because we live forever", forcément.
Passons à la Pop un peu plus Rock avec le groupe Ash, connu pour ses pastiches, avec Starcrossed ils avaient réécrit Roméo&Juliette, avec Candy, un véritable TeenMovie, et avec Vampire Love... ils signent LEUR vampire song sur Meltdown. De
la rime facile (Blood, flood, arm, harm...), un grand moquage des
chansons de Metal ou Emo avec une mélodie Pop imparable. Du grand Ash.
Maintenant, un classique sur lequel je ne peux pas faire l'impasse : Vampire Heart, by l'excellent mais larmoyant Tom McRae et son poignant :
"So let in the light, turn me to dust
If it don't end in bloodshed, dear,
It's probably not love"
Ici le vampire n'est pas le cliché populaire, mais le cliché Anne
Ricien du romantique suicidaire, le propos est un peu "Quand on a le
coeur brisé on est tous un peu des créatures de la nuit". La métaphore
est en tout cas formidablement filée, intimiste, belle, je crois que ça
résume bien.
Nous avons également mon groupe préféré du moment Neïmo avec son très sexy-dansant : Trashy Bloody Me
"I get drunk every night
When I’m out for a bite
I wear black
Hello, tell me your bloodtype
Decadent is my life
Terrible films I’ve inspired
Lust, I think,
Is an animal instinct"
Terminons classe, terminons Blues avec Neil Young, grand du rock qui retourne aux roots et nous livre ceci : http://www.deezer.com/track/80909 Vampire Blues :
" I'm a vampire, baby, suckin' blood from the earth."
La morale de l'histoire c'est plus : quand on fait
beaucoup la fête on se prend vite pour un vampire, à dormir le jour et
se nourrir de sex, drugs & rockandroll. Que quelqu'un me corrige si
je vais trop loin.
Sinon vous pouvez vous amuser à compléter ma liste de chansons de
groupes qui n'ont rien à voir avec l'underground et qui ont dédié des
chansons au thème : je vous conseille par ailleurs de poursuivre avec Dracula Cowboy de Ghinzu, Vampire de Aqme si vous voulez voir ce que ça donne en français, Dracula de Gorillaz
On notera que le vampire est toujours servi à la sauce
amouration ou à la limite sert de caution sexuelle "non je parleuh pas
de sexe je parleuh de vampireuh", excuse que nous connaissons tous par
coeur, oui même toi là-bas. Chose remarquable, le vampire est
principalement féminin, et les auteurs principalement masculins, tirez
en les conclusions qui s'imposent. Je vous laisse à votre écoute et
reviendrai très bientôt avec la critique Littéraire de Vampire Junction
et de l'Invitée de Dracula. Jusque là, savourez bien les derniers
Moonlight !
31 décembre 2007
Une nuit en Enfer de Robert Rodriguez
Ca manquait, un petit article sur un bon film gore vampirique.
Parce que oui, il y a les amateurs de vampires romantiques (toute la veine Drakulienne), et ceux qui s'en servent comme figure de l'imagier populaire, croquemitaine forever.
Dans From dusk till dawn, on retrouve toutes les allusions au genre du film gore notamment aux films de zombies. Pas étonnant, c'est Tarantino qui est aux commandes (scénario et un des rôles principaux).
Très inspiré de John Carpenter (Vampire...) ce film en deux partie, d'abord road movie puis descente en enfer sanglante, fait partie des classiques du genre sans toutefois entrer dans les série B. C'est pourquoi on en entend pas parler plus que ça. Pourtant l'affiche est belle, en plus de sir Qwentin on retrouve mister whatelse himself. George Clooney, les cheveux bruns et tout de cuir vêtu s'il vous plaît. On citera aussi Harvey Keitel et Juliette Lewis, rien que ça.
Une scène culte ? Celle qui sert de transition : la danse aux serpents de Salma Hayek (toute en courbe pas skinny comme hollywood l'a transformée) sur une musique absolument fabuleuse étant donnée le film.
Si vous avez aimé Boulevard de la mort récemment, jetez vous là dessus.
Oh, j'ai oublié de faire le résumé maybe, eh bien deux méchants prennent en otage une gentille famille et se retrouvent après moult péripéties dans un bar craignos à danseuses exotiques... la nuit tombe et... on s'aperçoit que les méchants du début ont trouvé beaucoup beaucoup pluss méchants.
Ames sensibles, se couvrir les yeux et les oreilles. Les dialogues sont cultes, ce serait dommage.
L'empalement de quatre vampirettes à une table et le cadavre débité qui sert de guitare rendent ce film inévitable.
17 novembre 2007
Manuel du Chasseur de vampires - Constantine Gregory
C'est beau, c'est bien fait, c'est un pure objet de décoration que tu hésites à acheter mais que tu finis par embarquer quand même parce que faut l'avouer, les vampires c'est ton dada.
Lourd, compact, il a l'apparence d'un grimoire de poche où seul fait tâche le code barre.
La quatrième de couverture plonge le curieux dans l'univers "on s'y croit à donf" en disant :
"Si ce modeste ouvrage a attiré votre attention, cher lecteur, c'est que l'image du vampire hante votre esprit ou que, comme moi-même, vous consacrez votre vie à détruire ces effroyables créatures."
On joue sur le double tranchant du "bouh les vampires c'est le mal" et en même temps on sait très bien qui est visé par le marketing du Pré aux Clercs : les jeunes ados passionnés d'ésotérisme.
Le manuscrit est annoté ce qui permet à l'auteur de faire des actualisations sur les vieux écrits rassemblés dans le grimoire, les pages sont faussement tâchées comme si le manuel était fréquemment utilisé (on y discerne même dès les pages de titre des traces de sang...).
Le sommaire se montre un peu plus sérieux, c'est bien de vampirologie (light, certes) dont on va nous entretenir commençant par "les vampires existent-ils ?" finissant par le chapitre "tuer un vampire".
Il est à noter que selon le livre les bastions du vampirisme seraient Highgate (cimetière de londres), La Nouvelle-Orléans (merci Anne Rice et la cutlure voodoo), la Transylvanie (no comment), mais encore Santorin (île des cyclades grecques où personnellement je n'ai croisé que des croisiéristes) ou Whitby (endroit où serait arrivé le comte Dracula en Angleterre selon Stoker, ville faisant depuis commerce de tout ce raffut, musée vampirique, musée de cire sur dracula etc...)
La bibliographie est une véritable mine d'infos, il vaut mieux être bilingue car peu d'ouvrages sont traduits en français, mais avec les oeuvres conseillées on a de quoi tenir tout l'hiver.
Quelques sociétés plus ou moins secrétes voient leurs adresses citées, des sites web également mais aussi des magasins à l'esprit gothique.
Les illustrations sont d'une grande qualité, la maquette est soignée à tel point qu'on a envie de dormir avec la nuit, l'humour est pertinent et le tout sacrément bien renseigné. Même si la plupart des informations sont historiques et donc déformées de la surnaturalité.
Non, vous n'aurez pas de réponse précise en sortant de la lecture, mais vous aurez appris des choses, notamment la recette de l'eau bénite, et ça, c'est cool.
05 novembre 2007
Dossier Anita Blake - Part I "plaisirs coupables"
C'est bien connu, je lis tout, et parfois n'importe quoi.
Quand j'ai décidé d'ouvrir ce blog j'ai balancé mes oeillères et je pensais ne plus avoir d'apriori en matière de culture V.
Sauf que. Ce doit être dans la nature humaine, et la miss Laurel K. Hamilton, je la connaissais surtout pour le côté très hot de ses dérivations scripturales. Mais, apparement, au début de sa carrière, elle était très sage. Voire trop sage.
Guilty pleasures, est un exemple de roman vampirique pour jeune fille modèle de la middle class américaine. Je ne parle pas des upper east side girls, mais plutôt de cette amérique puritaine type "ptite maison dans la prairie" qui ici aurait fait un bébé à Buffy dans ses épisodes les plus mièvres.
L'histoire est celle d'une chasseuse de vampire, Anita Blake, qui en a déjà vu des vertes et des pas mûres, elle a une petite vingtaine d'année et plusieurs combats mortels derrière elle.
Elle aime les pingouins, ses copines, les jolis garçons et réanime les morts professionellement. Dans une amérique où les vampires cotoient les hommes, où les zombies sont monnaie courante et où la loi est plus que floue concernant la protection des morts-vivants.
Plusieurs meurtres de maîtres vampires (vieux de la vieille ayant développé des superpouvoirs) ont eu lieu en ville et c'est la grande dictatrice du peuple des ténèbres décide que ce sera à Anita de mener l'enquête.
C'est du Hamilton, donc les personnages masculins principaux sont tous des dieux grecs (légèrement pas très très virils dans l'imaginaire collectif mais passons), avec des noms bigarrés qui font exotiques aux US mais bidochons en France (le fameux Jean-Claude, dom juan vampirique de service).
[Jean-Claude & Anita,
cette dernière ne pouvant croiser son regard sans tomber en son emprise,
image tirée du comic]
Il y a un style, je n'irais pas jusqu'à dire du style, mais on discerne un réel potentiel dans ce premier épisode de la saga. Cette impression n'est pas démentie par le succès américain des romans qui sont publiés depuis plus d'une décennie. Chez nous, pas la même chanson, la vague ésothérique qui a porté les éditions fleuve noir s'est quelque peu écrasée molement depuis la déprogrammation des séries phares comme Buffy ou Angel. Les romans d'Hamilton traduits en nos contrées aussi.
Si bien que la bataille pour les droits fait moins rage et qu'on édite plus aussi promptement chaque nouveau titre, les fans se battent pour obtenir quelconque communication sur le sujet et obtienne plusieurs versions contradictoires : vive l'édition française.
Rentable pourtant, mais ne correspondant plus à la politique éditoriale des éditions se recentrant sur des collections pour teenage branchouille, les premiers opus ne sont pas tous réédités. Quelques rumeurs d'adaptation en série TV relanceront sans doute le processus. En attendant les fans se consolent en apprenant l'anglais et en dévorant les comics issus des bouquins.
En résumé : Une saga définitivement féminine, un peu trop sage dans le premier tome mais qui se lâche sa mère dans les derniers. Une héroïne prude qui finira par se taper tout le gratin surnaturel de sa ville. Un catalogue de clichés sur le vaudou et les sciences occultes, du puritanisme aussi étouffant que l'air de Saint-Louis. Je n'ai pas accroché avec l'héroïne, ce qui pose un réel problème pour suivre toutes ses aventures, mais si jamais elle vous séduit vous allez devenir accro.
Ca ne révolutionera pas la V-littérature mais ça a le mérite d'exister (et de me rappeler que pendant mes années collége/lycée j'avais quasiment écrit la même chose en six tomes, et que non, définitivement, faudra que ça reste dans les tiroirs.)
Pour prolonger vos recherches ou partager vos émois : une communauté très bien construite autour du personnage mais pas seulement.
24 octobre 2007
Vampire High - Si AB prod s'était attaqué aux vampires...
Vampire High est une série canadienne ce qui signifie en régle générale : "est une série moins bonne qu'une série américaine mais bien meilleure qu'une série française".
Diffusée sur Skyone en 2000, -l'année de tous les navets vampiriques- et annulée peu après avec seulement 26 épisodes au compteur.
Série canadienne veut également dire : sous-acteurs inconnus.
[Ca donne envie hein ?]
Le pitch c'est en gros de jeunes vampires indomptables qui doivent apprendre à bien se conduire dans un lycée tout à fait normal le jour qu'ils hanteront la nuit...
Ces vampires dorment dans des cercueils, ont des dents en plastique, du gloss sur les lèvres et sont méchamment insolents.
Ils répondent aux profs !! Ils soupirent quand on leurs donnent des devoirs !!
Si l'accroche présente l'intrigue comme un mix de dawson creek et de buffy, je dirais plutôt que voici la seule et unique Sitcom vampirique.
On aurait pu attendre une ambiance digne de celle de l'école privée d'Hex La Malediction mais à la place on assiste à un Hélène et les garçons : les étudiantes de jours rêvent au prince charmant en repoussant les vilains macho blonds et les nerd peu gracieux ne sachant pas que non loin de là... les étudiants de nuit entendent leurs appels désespérés.
Résultat ça tourne au soap très vite. Amour impossible. Révolte adolescente. Ignorance parentale. Confrontation de deux mondes. C'est presque the O.C.
Je vous le conseille juste pour le côté "comique" malgré lui.
Si vous ne parlez pas anglais, tant pis, aucune version française n'est disponible.
Take Care !
Heights S.J.
22 octobre 2007
Le Bal des vampires (The fearless vampire killers) / Roman Polanski - 1967
Voici un des derniers V-film que j'ai pu me procurer, pas un classique hollywoodien non... une parodie de classique hollywoodien.
Ce film en France part avec un handicap majeur : la traduction de son titre. Car, non, ça ne parle pas d'un bal de vampires, c'est avant tout une éniéme réécriture du Dracula original.
Le titre anglais "The Fearless Vampire Killers or : Pardon Me, But Your Teeth Are in My Neck" à traduire en "Les tueurs de vampires sans peur ou "Pardonnez moi, mais vos dents sont dans mon cou", annonce beaucoup mieux l'esprit du film.
Car l'accent est mis sur la dérision, voire la bouffoneries pour certaines scènes.
Cet aspect a contrarié bon nombre de vampirophiles, mais en bon polonais aux racines qui le démangent Polanski remonte aux contes de son pays et fait émerger de réels détails vampiriques. On ne compte plus les clin d'oeils aux grand V-films, Nosferatu de Murnau en tête.
Von Krolock l'erzatz de Dracula a plutôt une tête américaine et l'esthétique est dans l'ensemble très "tournée en studio de carton pâte". Bref : on y croit pas un seul instant. Ce n'est ni du réalisme ni une leçon d'histoire littéraire.
Quoi que. Lorsqu'on voit le personnage joué par Polanski lui-même, tenir de longs discours naïfs sur l'amour pur on est à mi-chemin entre la courtoisie moyen âgeuse et les jeunes héros romantiques de Goethe.
Le cinéma vampirique étant bourré de clichés (et c'est bien ça qui fait sa force) on retrouve ici la femme fatale (superbe Sharon Tate) en rousse incendiaire dont on comprend le tiraillement entre le bien et le mal.
Le professeur (Van Helsing) Abronsius, chasseur de vampire pris pour un cinglé par la communauté scientifique est forcément loufoque, forcément mal coiffé, et forcément constemment ébahi.
Les costumes renforcent ce sentiment de "déjà vu confortable", un film vampirique est comme un feu de cheminée : on aime bien se retrouver devant, même si c'est toujours la même chose.
Quelques scènes gentillement érotiques, des cascades hilarantes, un vampire gay ultra moderne qui m'a fait hurler de rire... et des bonus de légende dans le DVD.
Franchement, rien que pour les bonus tous les mordus de culture V devraient se le procurer, un court métrage est inclut et ne doit pas être manqué.
Conclusion : Non, ça n'apporte rien au schmilblick, oui sa place est juste "le film vampirique" de Polanski, car tout grand réalisateur se doit de verser dans le film de genre et oui je le conseille tout de même, ne serait-ce que pour les costumes et le grand-guignolesque qui a disparu de nos écrans.
16 octobre 2007
L'échiquier du mal (Tome 1) - Dan Simmons
Aujourd'hui LE livre vampirique DU Dan qui sait écrire.
Un pavé dans la mare. On ne peut décemment par dire autre chose. Un séisme inclassable piochant dans l'histoire contemporaine, les classiques de la S-F et le roman psychologique.
Un style d'une force incroyable, didactique, et concis. Des bonds de situations qui n'oublient pas le lecteur en route et... des nouveaux vampires particulièrement angoissant.
Bon, je ne vous cache rien : c'est du Simmons. Alors il faut un temps non négligeable pour rentrer dans l'univers.
Et aussi pouvoir prendre au sérieux sa devise de "La Shoah c'est rien que la faute des vampires".
Si l'intrigue entrelace les présentations des figures principales, elle met du temps à s'installer : MAIS pas besoin d'être un fervent de la science fiction. Les personnages n'ont rien d'extra-terrestres, en fait ce sont des américains basiques ; le vieux juif usé par son passé qu'il tient secret, la jeune black qui essaye de s'en sortir par les études, le policier rondouillard mais avec un bon fond...
Les vampires en question, par contre, sont des psychopathes très très psycho : ils entrent dans le cerveau des humains qu'ils utilisent comme leurs pions pour jouer les uns avec les autres une partie d'échec macabre.
On retrouve quelques traits classiques chez ces vamp :
La longévité : On traverse en effet les époques et tout le XXème siècle, La discrétion : ils se cachent et dissimulent habilement leurs identités, Le sadisme : ils jouent à celui qui commettra le plus beau meurtre, des terroristes récompensés par un système de points distribués lors de réunions sollennelles des principaux protagonistes.
C'est le retour du vampire froid, effrayant, de ses débuts. Rien ne peut détruire ces être, à part, bien sûr, eux mêmes. Presques dieux puisque marionettistes de l'Humanité il fait également des affaires avec elle : ces Vampires sont tout autour de nous mais principalement dans les sphères rapportant un max (cinéma, grand bandistisme et... nazisme).
La problèmatique en filigrane est sans doute : qui habite réellement nos corps ?
Lecture plus que conseillée (sachant qu'il existe un tome 2 qui change légérement de ton, d'époque et de personnages centraux ; je lui consacrerai donc certainement un article à part entière).
12 octobre 2007
Blood Ties, nouvelle V-série / critique du pilote
La rentrée est donc riche en séries vampiriques, après une absence de quelques années, c'est donc leur grand retour. Aujourd'hui je vous parle de Blood Ties, nouvelle série Canadienne diffusée pour l'instant sur Lifetime.
Contrairement à Moonlight, cette série n'a pas d'univers à se créer : elle est tirée des livres de Tanya Huff "Blood books" -rien que pour le titre, je n'ai point lu-, ne cherchez pas en français ça n'a pas encore été traduit.
Il s'agit d'une série policière-fantastique avec une héroïne blonde trop bigleuse pour rester dans la police qui devient détective privée (quand on dit que c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures V-séries). Seulement son ex partenaire ne compte pas la laisser tomber (il est un chouya amoureux) et l'épaule dans sa nouvelle carrière. Comme deux c'est pas assez compliqué pour une série américaine (du nord) on rajoute à cela un vampire fils illégitime d'Henri VIII, beau, ténébreux toussa toussa.
Maintenant : à quoi ça ressemble ?
Et bien côté réalisation ça pêche un peu, il ne doit pas y avoir un énorme budget, concernant la mise en place : rien de bouleversifiant, on utilise la bonne vieille technique de la conversation téléphonique pour faire piger les premiers traits de caractères de l'héroïne (Christina Cox) qui ressemble trait pour trait à la chanteuse Anastacia.
Puis en parallèle un jeune inconscient dans une allée sombre, au portable également, sentiment d'identification du spectateur jusqu'à ce que... OUPS "y'a un type avé une cape on dirait le seigneur des fucking ténébres mwarfmwarfmwarf" et il se fait vider de son sang.
Du basique, aucune inovation et s'ils ne piquent rien aux univers de Buffy et Angel, on supposait qu'il s'agissait pour eux de les surpasser et les faire oublier.
La suite est tout de même meilleure (pousser jusqu'au second épisode peut faire changer les avis sur le premier)
Les producteurs se défendent en disant vouloir accentuer "l'humanité des monstres". Je vous laisse seuls juges :
[merci encore à Sohaly pour l'upload]
Mention neutre pour ma part.
08 octobre 2007
L'aube écarlate de Lucius Shepard
L'aube écarlate a tout pour mettre en transe un vampirophile aguéri. D'apparence traditionaliste, le roman se révèle être un pétage de câble en régle de l'auteur. Psychédélisme oblige, il égare passablement le lecteur juste avant la conclusion, ce qui gâchera tout son effet.
Du roman vampirique pur, il a tiré des personnages sortis du moule (genre marque déposée, produit calibré : en ne déviant pas des caractères de base du vampire on s'assure un public), de l'érotisme accrocheur (disséminé comme des pages de pub), mais surtout un construction sociale de la communauté vampirique qui aurait mérité un développement.
A part ça, il s'agit résolument d'un roman à énigme que l'auteur a voulu aventureux.
L'action prend place dans un chateau Roumain (quelle audace) lors de la réunion annuelle des grandes familles vampiriques (type mascarade) qui, bien sûr, se foutent sur la gueule dès l'intro.
A retenir des premières pages : La joute verbale entre le héros et une des matriarches, dès le commencement.
[Le héros, Michel Beheim, est un policier français fraîchement accueillit par le peuple des ombres. Sa naïveté, son humanité appellent un peu un Rouletabille sexy ayant croisé la route du Louis Anne Ricien. Ce personnage n'a rien de captivant sauf sa méfiance envers les femmes dont il se sait le jouet.]
Le scénario qui se développe est simple : Le Nectar (sacrifice rituel d'une femme pure aux traits parfaits) tué avant l'heure dans d'atroces conditions.
Tout le monde il est choqué et le sire du héros propose les services de notre flic franchouillard de service. Secondé par une donzelle jamais innocente, il méne l'enquête, fait découvrir les clans et les intrigues, commence à comprendre, se fait duper, se bat en duel, observe des phénomènes étranges, est confronté à l'alchimie pour finalement se perdre dans le fin fond du chateau Banat.
Dès lors, il perd tout : orientation, certitude, sa servante, ainsi que sa santé mentale.
Errance dans le monde glauque des peuplades souterraines dont des générations n'ont jamais vu la lumière du jour.
Puis, la conclusion : peu de réponses et trop de flamboyance en toc.
Ce que ça apporte à la littérature vampirique :
-Une alternative à la S-F traditionnelle dans laquelle s'engouffrent un peu trop facilement les contemporains.
-Une ou deux pistes de vampirologie à creuser (dont l'établissement migratoire de certaines "familles" en orient)
-Un bon divertissement, nutritif mais pas toujours facile à digérer.
A lire comme un polar fantastique pour ceux qui ne sont pas dégoûtés par les digressions relationnelles.
04 octobre 2007
Moonlight : nouvelle série TV / critique du "pilot"
Moonlight, tout paraît stéréotypé dans ce que les producteurs nous laissaient voir de ce nouveau show américain...
...J'ai préféré attendre de pouvoir visionner le premier épisode pour déverser ma bile dessus.
Déjà nous avons le titre : Clair de lune en français, ça plante le décor et ça sonne pas mal, mais dans l'imaginaire collectif le clair de lune appartient plus au champ lexical du loup-garou.
Ensuite l'histoire : Mick Saint John (Pourquoi tous les vampires télévisuels doivent avoir des noms capillotractés hum ?), grand brun ténébreux, est un P.I (détective privé) qui est gentil (il ne mord pas, ou alors seulement les gens vraiment méchants) et qui est amoureux d'une californienne blonde.
[Piqué sur Allociné]
Ca vous rappelle pas un autre grand ténébreux vampire refoulé et amoureux d'une blonde californienne ?
Oui, ce n'est pas un scoop : tout est repris à l'univers de la série Angel -et non au personnage au moment de son apparition dans buffy-. Les décors, la lumière et même l'humour.
Maintenant stoppons les a priori et passons à la critique constructive :
No such things as vampires est le titre du pilote diffusé fin septembre sur CBS.
C'est un bon titre.
Si je vous assure, et ça aurait même pu être le complément de titre de la série en elle même.
Il y a deux degrés : "Les vampires n'existent pas" ou "rien ne vaut un vampire", on présente alors l'ambiguité du personnage principal et en même temps on annonce LA nouvelle série vampirique, parce que rien ne vaut une série vampirique.
Vous suivez ?
Les deux premières minutes de l'épisode sont consternantes : on entre dans le rêve du héros qui se voit passer à la télé pour dire au monde entier qui il est et pourquoi il faut se méfier des vampires mais pas de lui, parce que, rappelons le, lui il est gentil.
En même temps il balance ce qui différe d'avec l'univers "Angel", en effet, les régles ne sont pas les même -sinon un gros procés en perspective- : il dort dans un sarcophage réfrigéré, supporte la lumière du soleil, ne meurt pas si on lui enfonce un pieu dans le coeur et s'injecte son sang quotidien à l'aide d'une seringue.
Bien sûr ce faisant il est torse nu et en pantalon de pyjama de soie (non pas comme Angel roooh vous êtes mesquins hein).
Cependant, il est à noter que les nouvelles technologies sont omniprésentes (Laptop et téléphones portables derniers cris dans chaque scène -vive l'argent des sponsors-), différence non négligeable.
La réalisation également est très soignée et préfére les plans serrés à ceux d'envergure qui avaient fait l'empreinte d'Angel.
Puis la BLONDE apparaît, elle est défendeuse de la justice, bien sûr, et là on comprend que la différence majeure va être... le sexe. Parce que autant Angel était châtré autant la première rencontre entre les persos ici fait des étincelles, le fameux "on s'est pas déjà rencontrés ?" en prime.
Puis générique de deux secondes (sur le modèle de Lost ou Heroes), les 5 premières minutes se laissent regarder, surtout quand on est pas vampirophile comme moi : ça plante excessivement bien l'intrigue tout en gardant le pseudo mystère autours du pourquoi du comment qu'il est un vampire le Micky ?
Par contre les deux premiers plans APRES le générique sont littéralement pillés à Angel (plan d'ensemble soleil couchant de L.A puis plan d'un gratte ciel ressemblant étrangement à Wolfram & Hart).
Donc : je ne vais pas vous bouffer la surprise si la série débarque dans nos contrées alors j'arrête l'étude ici.
Si vous aimez l'univers d'Angel... c'est tout bon. Et si vous êtes inconsolable depuis l'arrêt de Veronica Mars : c'est tout bon pour vous aussi : non seulement la blonde ici a un portable ENCORE plus classe mais en plus vous trouverez avec plaisir Jason Dohring le Logan Echolls de V.M. en vampire ado confident du héros.
Un dernier conseil : privilégiez la V.O pour vous rendre compte du timbre de voix copier / coller de Alex O'Laughlin et David Boreanaz.
A dans quelques mois ! ;)
Moonlight part 1
[Merci à Sohaly]









